Ecrire à Jean Marc
1928-2010

En dépit de la foule, nous sommes seuls, devant un voyage que nous n'avons pas fait...

voyage au bout du secret des siècles, où se sont profondément enracinés

des hommes couverts de laine, colorée à la lumière des cimes.

Tracé de silence et de solitude, capturé par le temps et l'espace.

Sur la toile, le geste de pauvre des âmes séculaires ce geste vagabond fait son

marché, piétine les étoffes en respectant les plis profonds des ombres, car là se

cache le secret des lumières qui rêvent d'arc-en-ciel.

Geste unique, regard unique, posés sur le rythme de ceux qui montent le long des

sentiers perdus où sont figées les béantes cicatrices du passé.

Ce rythme fuit sur la toile, presque sans y penser... l'empreinte est là,

dans le rêve du peintre.

Une mystérieuse structure s'empare de la perception, structure des gouffres,

identiques aux regards profonds et cachés...

La beauté des cimes glisse sur l'insondable émotion du peintre envoûté par ce bric-à-brac de magicien,

qui relie l'essentiel de la pierre, de la lumière, de la bête, de l'homme,

et du travail inachevé que l'on reprend après la nuit.

Lente vie des hommes à travers les traces incrustées, le long du voyage que nous n'avons pas fait.

Quel étrange climat


Lucienne Rodriguez

webmaster infimage.net
Site mis à jour le
13-oct-2013